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CRISE DE DEVISES : Le plaidoyer pathétique du gouvernement


En Guinée, le mensonge, le déni de la réalité, la fuite en avant et les faux-fuyants ont toujours été de la communication des responsables publics. Et en cela, la gouvernance d’Alpha Condé ne fait pas exception. Loin s’en faut. Mais aux dépens des dirigeants à la langue de bois, les faits têtus finissent toujours par s’imposer en toute souveraineté. Et c’est ce face à quoi le gouvernement guinéen se trouve de plus en confronté.
S’étant toujours prévalu d’un bilan élogieux, les autorités guinéennes sont désormais rattrapées par une réalité économique qu’elles sont obligées d’avouer, bien malgré elles. Il en est ainsi de la crise des devises, elle-même à la base de l’inflation, de la hausse généralisée des prix des produits sur le marché et de la pauvreté toujours grandissante des populations. Et pour y faire face, on ne peut pas dire que les responsables aient de l’imagination.
En effet, récemment, pour juguler la baisse drastique des devises en général et du dollar en particulier, les ministres du commerce et de l’industrie, n’ont pas trouvé mieux que de se concerter avec les opérateurs économiques. Objectif ? Convaincre ces derniers de rapatrier les devises générées par leurs affaires dans les banques guinéennes. Au passage et pour faire montre de tout l’intérêt que l’Etat guinéen au plus haut niveau accorde à la question, Marc Yombouno, le ministre du commerce a déclaré en direction des commerçants : « Bien avant aujourd’hui, le chef de l’Etat a pris en main cette question de rapatriement de devises. Pour rappel, une grande rencontre a été organisée au palais Sékoutouréyah où il a été question de faire en sorte que les produits issus de l’exportation soient rapatriés dans nos banques ».
Depuis cette fameuse rencontre, un processus aurait été enclenché et, en contrepartie d’une promesse de rapatrier les devises, les commerçants auraient obtenu l’engagement en faveur d’un certain nombre de facilités douanières. Des facilités dont ne devraient, toutefois, profiter que ceux qui consentent à accepter la doléance des autorités.
D’aucuns trouveront bien sûr une telle démarche légitime et des plus louables. Surtout au regard de la situation socioéconomique du pays. Mais en réalité, cet acte du gouvernement trahit une faiblesse de l’Etat et traduit un aveu d’impuissance de sa part. Comment peut-on comprendre en effet qu’un Etat souverain en vienne à prier des opérateurs économiques à rapatrier des fonds dans les banques de leur pays ? N’est-ce pas là logiquement une tendance naturelle de la part d’un commerçant ? Et si les opérateurs économiques se font ainsi prier, ne serait-ce pas parce qu’ils n’ont pas les garanties et les assurances nécessaires dans les banques du pays ?
Comme on peut aisément l’imaginer, cette démarche du gouvernement en direction des opérateurs économiques symbolise une certaine panique de sa part. Il sent le bateau tanguer et n’a plus la sérénité pour envisager les solutions les plus raisonnables. Autrement, il aurait commencé par chercher à comprendre ce qui pousse les commerçants à ne pas laisser leurs sous dans les banques guinéennes. Ce diagnostic posé, il aurait enclenché les mécanismes pouvant aider à résoudre le problème. Il n’aurait même pas été nécessaire pour un l’Etat logiquement crédible qu’il devrait incarner, de proclamer sa vulnérabilité au point de s’agenouiller devant des commerçants.
(source: kababachir)

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