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Cas Aïssata Pendessa, la fille violée à Koronthie: l’ONG ‘’Child's Friends Guinea’’ demande justice (interview)


Comme on vous l’annonçait dans nos précédentes publications, le viol contre la fille Aïssata Pendessa, âgée de 2 ans, au quartier Koronthie dans la commune de Kaloum, connait un dénouement heureux. Le tapissier Ibrahima Sory Conté, d’une vingtaine d’années, a commis cet acte ‘’criminel et barbare’’. Le commissaire en charge du dossier Mohamed Lamine Kaba, du secrétariat d'Etat de lutte contre la drogue et du crime organisé a déféré, le mardi 6 septembre, le présumé violeur au tribunal de la première instance de Kaloum.

A la poursuite du dossier, la rédaction de votre quotidien électronique a rencontré hier mercredi les responsables de l’ONG ‘’Child's Friends Guinea’’ en charge du dossier de la victime Pendessa pour parler de l’évolution de la situation. Dans une interview, le vice-président Tamba Adrien Koundouno (voir photo à la Une) demande que la justice soit faite.

Lisez…


Kibarounews.com : Présentez-vous, s’il vous plait?

T. Adrien : Je suis Tamba Adrien Koundouno, vice-président de l’ONG '’Child's Friends Guinea’’ et cofondateur.

Kibarounews : Comment êtes-vous entré en contact avec ce dossier ?

T. Adrien : Au fait, notre ONG a été informée dans la nuit du dimanche à lundi 05 septembre 2016 à partir de 1 heure du matin par le papa de la victime Pendessa. Il avait appelé sur mon numéro de téléphone en pleurant pour nous demander de l'aider à ce que toute la lumière soit faite sur le dossier de sa fille. Il m’a dit qu’on lui a donné mon numéro parce qu’il sait que nous sommes des sauveurs des enfants, alors son enfant a été violé. Après, je lui ai demandé de dire ce qui s’est passé exactement. Il m’a dit qu’il y a un de ses voisins du nom de Ibrahima Sory Conté, un tapissier, qui a violé son enfant Aïssata Pendessa de deux ans. Quand nous avons été informés de cela, je me suis mis à pied d’œuvre pour savoir où se trouvait le dossier. D’abord je rappelle que l’acte s’est passé le vendredi 2 septembre 2016 passé. Donc, le lundi matin je me suis rendu sur le terrain avec le président de l’ONG plus quelques membres et les medias pour voir exactement à quel degré le problème se trouvait. D’abord Aissata pendassa n’est même pas encore un enfant, c’est une fillette de deux ans qui été victime de cet acte. Donc arrivé sur les lieux, on a rencontré le père de l’enfant Abrhaima Pendessa qui nous a relaté les faits avec des larmes aux yeux. Nous lui avons demandé de nous conduire chez la fille Aissata pendessa qui était dans un état très fébrile, et même en la voyant on ressent vraiment qu’elle a subi une violence sexuelle. Alors, quand on est venu on a commencé nos enquêtes. Et Mr Pendessa s’est vraiment prêté à nos oreilles. Avec sa collaboration, nous nous sommes rendus chez le commissaire en charge du dossier, Mohamed Lamine Kaba, en service au niveau de l’Anti-drogue. Aussitôt informé, il a recherché le coupable et il l’a emmené avec lui dans ses locaux. La fille a été admise à l’hôpital Ignace Deen où elle a été confiée au Professeur Hassane Bah, médecin légiste. On a demandé à ce dernier de nous dire réellement si le monsieur avait causé l’acte sur la fille. Et après, il nous a montré tous les documents administratifs de l’hôpital attestant réellement que la fille a été violée et qu’elle a subi une défloraison au niveau de son sexe et à ce jour là elle a perdu sa virginité. Et en plus de cela pendant 15 jours la fille ne se sentirait pas bien, d’après le résultat du médecin légiste. Donc, l’officier en charge du dossier nous a d’ailleurs informés qu’il a déjà le dossier en main; mais la venue de notre ONG à leur côté pour poursuivre ce dossier est déjà bon. Car, nous nous sommes constitués en tant que partie civile pour venir voir à quel niveau se trouve le dossier pour que plus jamais de tel acte ne se perdure et ne continue dans notre pays. On lui a dit que non seulement à son niveau on va suivre le dossier, mais on suivra le dossier jusqu’au tribunal, et pour voir combien d’années d’emprisonnement ou quel sort sera réserver à ce Ibrahima Sory Conté. Donc Mohamed lamine Kaba s’est vraiment mis à notre disposition. Il nous a donné toutes les explications du début du dossier jusque là où le monsieur était sur le point d’être déféré au niveau du tribunal de Kaloum. Il nous a montré le document de fin de garde à vue. Et normalement, si la procédure est respectée le monsieur devrait être déféré le lundi. Mais lorsque nous sommes partis, nous l’avons trouvé dans les locaux de l’antidrogue où il était incarcéré. Le commissaire central nous a dit que le seul problème qui était à son niveau pour déférer le présumé violeur était un problème logistique, sinon de son côté tout ce qui concerne le circuit administratif était fin prêt pour déférer le présumé auteur. Mais heureusement, il nous a informés qu'il a déféré le violeur hier mardi 06 septembre au tribunal de Kaloum. Quant à la fille; elle doit être suivie pendant une période de 15 jours à cause du poids du jeune et la brutalité qu’elle a subies.

Comment vous condamnez ces cas de viol dans notre pays ?

En Guinée, les actes de violence deviennent de plus en plus récurrents à cause de l’impunité. Cette fois-ci, nous n’allons pas le laisser passer. Au moment venu nous allons appeler la presse pour voir à quel niveau ce présent dossier est suivi. Nous n’allons pas laisser ce dossier, on va le suivre jusqu’à ce que le coupable soit puni à la hauteur de sa forfaiture.

Quel appel lancez-vous ?

D’abord, c’est un cri d’alarme à mon niveau. J’en appelle à la conscience de tous les parents de l’effet que cela produit sur un enfant. Un enfant qui est violé risque de suivre les séquestrations durant toute sa vie. Aujourd’hui, la victime est un enfant, elle a deux ans, mais au fur et à mesure qu’elle grandit elle va constater qu’elle a perdu sa virginité. Et cet homme qui l’a aujourd’hui violée ne va jamais être son mari; Aussi elle aurait perdu l’honneur de sa famille en quelque sorte. C’est pourquoi nous n’allons vraiment pas laisser cela, on va suivre ce dossier pour que plus jamais aucune fille ne soit victime des cas de viol. Ceci étant, nous, en tant qu’Ami des enfants, nous nous sommes constitués en partie civile, et dans les jours à venir on va toujours aller auprès du tribunal pour voir à quel niveau ce dossier se trouve pour ne pas que ce soit classé comme les dossiers précédents, puisqu' en Guinée quand on viol une fille, après quelques temps on voit le même type dans la rue.

Le deuxième appel que je lance, c’est à l’endroit de la famille de Pendessa, surtout à sa maman qui n’a pas accepté de collaborer parce qu’elle s’est dit que c’est une honte pour la famille. Toute fois, je demande à tout un chacun que notre ONG se met à leur côté. Nous ne sommes pas là pour faire le contraire, mais plutôt pour les aider à préserver la dignité de leurs enfants.

Votre mot de la fin ?

Vous savez, aujourd’hui, il y a des familles qui se voient exposées. Et nous, nous nous mettons à leur côté pour que la lumière soit faite sur tous les dossiers de viol des enfants, pour que plus jamais cela ne se reproduise. Donc, nous demandons la collaboration de toutes les familles, et surtout qu’elles soient très vigilantes sur leurs enfants. Quand un enfant est violé, nous, nous pouvons intervenir, conformément à la loi. Mais cet enfant qui est violé ne pourra jamais être rétabli physiquement, parce que ni le Pr Hassan ne peut rétablir sa virginité ni moi. C’est pourquoi nous cherchons les voix et moyens pour vraiment combattre ce fléau partout et à tout prix.

Je vous remercie !

C’est à moi de vous remercier

Interview réalisée par Younoussa Sylla

Tél : 657-51-33-61


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