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Crise économique à Fria : la cordonnerie perd sa valeur


La ville de Fria autrefois réputée pour la qualité de ses produits issus de la cordonnerie traverse en ce moment une période difficile. Toutes les activités économiques de la ville sont au ralentie et inexistantes par endroit. Les populations attribuent cette situation à la fermeture de l’usine d’alumine qui était le principal employeur des communautés riveraines. Notre reporter a rencontré sur place un jeune cordonnier qui parle des difficultés auxquels est confronté leur secteur d’activité.

Au bord du fleuve Konkouré, se trouve la préfecture de Fria, située à 160km au nord de la capitale Conakry. Des rues presque désertes, des magasins fermés, des hommes et femmes désappointés, voilà l’image qu’affiche Fria en ce moment. Ce même Fria qui autrefois faisait la référence grâce à l’expertise de ses cordonniers. Aujourd’hui, ce métier perd de valeur à cause de la crise économique qui sévit. Amara Amadou Lama, un étudiant sortant en électricité industrielle, explique sa venue dans ce métier : « La cordonnerie est un métier que j’exerçais parallèlement aux études. J’ai terminé il y a quelques temps mais je n’arrive toujours pas à me trouver un emploi. Je me consacre donc à ce métier pour gagner mon pain quotidien et venir en aide à ma famille. »

Parmi les difficultés qui ralentissent le métier, figure l’approvisionnement en matières premières. Il faut parcourir plusieurs kilomètres pour en trouver.

« Nous achetons la peau à Conakry, puisqu’il y en a très peu ici. Au cours de nos déplacements, nous achetons un bon lot que tannons avant de passer à la confection » ; a-t-il expliqué.

Fria est ce que l’on appelle une ville éphémère en Afrique. C’est-à-dire qu’elle survivait grâce à son usine d’alumine qui produisait 650 000 tonnes par an, l’extraction de bauxite et un tourisme faible mais présent. Sa fermeture se fait cependant lourdement ressentir sur le métier.

« Les clients se font rares et les prix ont chuté. Nous sommes pour la plus part du temps obligés de nous soumettre aux exigences de nos clients. Cette situation est due à la fermeture de l’usine d’alumine qui a freiné toutes les activités économiques.»

La ville est reliée à la capitale par une route bitumée en très bon état. Ce qu’il faut à Fria pour s’épanouir dans la cordonnerie et exporter ses produits mais hélas. Là aussi se pose un manque criard d’outils de travail. C’est pourquoi Amara Amadou Lama, lance un appel aux autorités en vue d’œuvrer dans le développement de cette activité.

« Nous lançons un appel solennel aux autorités et aux bailleurs de fonds. Nous regorgeons de jeunes talents désireux de travailler mais nous manquons d’outils de travail. Si nous disposons des moyens nécessaires, nous pourrons faire comme voire plus que les ghanéens, maliens et burkinabais ».

Ce métier mais aussi la vile de Fria qui traverse une période difficile mérite une attention particulière des autorités. Comme le disais Amin Maalouf, le destin passe et repasse à travers nous comme l’aiguille du cordonnier à travers le cuir qu’il façonne.

Source : soleilfmguinee

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