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Cuba: Les Cubains célèbrent les 90 ans de Fidel Castro


Le père de la Révolution cubaine, Fidel Castro, fête ses 90 ans en ce 13 août, alors que La Havane multiplie les signes d'ouverture. Retiré du pouvoir depuis 10 ans, le "Comandante" exerce toujours une influence indirecte sur l'île.

Le père de la Révolution cubaine, Fidel Castro, fête ses 90 ans, samedi 13 août. Bien que, comme les années précédentes, aucune cérémonie officielle ne soit prévue pour marquer l'anniversaire du "Comandante", une visite de son principal allié dans la région, le Vénézuélien Nicolas Maduro, n'est pas à exclure. "Nous célébrerons les 90 ans de cet homme qui est aussi immortel", a assuré le dirigeant socialiste.

Depuis des semaines à travers tout le pays, des concerts, des expositions et une multitude d'affiches à son image rendent hommage à l'un des hommes les plus influents et controversés du XXe siècle. Et s'il a laissé le pouvoir à son frère Raul, 85 ans, il y a dix ans, pour raisons de santé, il reste plus présent que jamais dans le pays communiste.

"Fidel, c’est tout"

À Cuba, "Fidel c'est tout, c'est le sport, la culture... c'est la rébellion. Le Cubain est rebelle à cause de Fidel", assure Manuel Bravo, vitrier de 48 ans, face à l'un des nombreux bâtiments de La Havane où se lit le slogan "Fidel, 90 ans et bien plus".

Fidel, c'est l'homme qui a instauré un régime socialiste à parti unique, fortement critiqué sur la scène internationale pour les nombreuses violations des droits de l'Homme. Mais c'est aussi celui qui a apporté santé et éducation gratuites à des millions de Cubains, en grande majorité pauvres.

"Il est en quelque sorte le dernier géant vivant de l’histoire du XXe siècle, affirme à France 24 Stéphane Witkowski, président du conseil de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (Iheal). Il incarne pour beaucoup de Cubains une page d’histoire importante, il est celui qui a ancré l’expérience de la révolution dans la durée."

Un état de santé entouré du plus grand secret

Elle est loin, l'image de l'impétueux guérillero entré triomphalement à La Havane en 1959, renversant alors le dictateur Fulgencio Batista : désormais, c'est un vieil homme à la barbe blanchie, diminué par une sévère crise intestinale il y a quelques années, qui vit retiré dans sa maison à La Havane, où il ne reçoit que de rares visites de personnalités.

Son véritable état de santé est entouré du plus grand secret. Sa dernière apparition en public, le 19 avril pour la clôture du Congrès du parti communiste cubain, l'a montré assis, en survêtement bleu, admettant la voix tremblante : "Bientôt, j'en aurai fini comme tous les autres. Notre tour viendra à tous".

Pas de quoi émouvoir ses plus fervents opposants, qui n'ont pas oublié les années de répression contre la dissidence de ce régime mené d'une main de fer. "Je ne sais pas si je pourrai lui souhaiter un bon anniversaire", confie à l'AFP Marta Beatriz Roque, dissidente de 71 ans emprisonnée à deux reprises quand Fidel était au pouvoir et actuellement en liberté conditionnelle. Pour elle, l'héritage que laissera le "Comandante" sera "le chaos, le manque de solution" aux problèmes économiques et "le contrôle de la vie de toutes les personnes dans le pays".

Critique envers le rapprochement avec les États-Unis

Même éloigné du pouvoir, Fidel Castro continue d'exercer "une influence indirecte à travers certaines figures du régime, qui sont mal à l'aise avec les réformes qu'a faites Raul", explique à l'AFP Kevin Casas-Zamora, docteur en sciences politiques de l'université d'Oxford. Sa seule présence physique sert de "rempart contre les réformes économiques et politiques les plus agressives", estime-t-il, alors que son frère Raul a lancé une ouverture progressive au travail privé et aux investissements étrangers.

Mais Fidel n'a pu empêcher l'un des changements les plus radicaux survenus sur l'île : le rapprochement diplomatique historique entamé en 2015 avec le vieil ennemi de la guerre froide, les États-Unis.

Publiquement, l'ex-dirigeant ne s'est pas opposé à cette réconciliation, mais il est resté ferme dans ses critiques : "Nous n'avons pas besoin que l'empire nous fasse cadeau de quoi que ce soit", écrivait-t-il en mars, une semaine après la visite du président Barack Obama.

Avec AFP

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