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Diaspora : Mohamed Sidibé, ressortissant malien, appelle au renforcement de la paix et de l’unité entre le Mali et la Guinée (interview)


Le président du Haut Conseil des Maliens de Guinée s’est exprimé cette semaine dans une interview que notre rédaction a bien voulu lui accorder. Dans cet entretien, Mohamed Sidibé nous a parlé des actions en cours et celles qu’il envisage pour l’organisation et le bien être de la diaspora malienne en Guinée. Lisez…

Kibarou : Bonjour Monsieur !

Mohamed Sidibé : Bonjour !

Dites-nous, depuis votre élection le 03 avril 2016, où en est-on avec l’état d’avancement des activités ?

Nous avons accompli beaucoup de choses cette année sans problème. Nous avons célébré le 22 septembre dans la dignité et la cohésion. Nous avons procédé à une lecture de sains Coran pour la paix au Mali. Nous avons fait le mois de solidarité. Dans le cadre du développement, nous avons mobilisé des entrepreneurs maliens à investir. Déjà, il y a une douzaine de sociétés maliennes qui s’installent et qui essaient d’évoluer en Guinée. D’autre part, nous avons géré tout ce qui concerne les cas sociaux : les décès, les mariages etc. A ce que je sache, il y a plus de 32 maliens qu’on a pu sauver. Qui étaient en difficulté avec la justice guinéenne. Nous avons fait le tour des maisons d’arrêt, à l’intérieur qu’aussi bien qu’à Conakry. Nous avons essayé de trouver des solutions. La date d’aujourd’hui et à ma connaissance, il n’y a que cinq maliens qui sont en détention, dont deux sont condamnés et pour les trois la procédure est en train de poursuivre. Nous essayons de les accompagner aussi dans ce domaine, afin que leur droit de détenu ou d’accuser soit respecté. Je pense que la communauté malienne se remet petit à petit. Je souhaite que ça continue. Je félicite les acteurs qui contribuent à la cohésion. Je remercie l’ambassade qui nous lie dans ce sens, qui nous accompagne et qui nous prodigue tout le temps les conseils. Et je peux dire qu’en six mois, nous avons franchi beaucoup d’étapes. Nous n’avons pas été à la hauteur de tous les exploits. Parce que pour un nouveau président, c’était trop immense. Mais nous avons cinq ans et je pense que d’ici les cinq ans, nous allons combler les espoirs des uns et des autres.

Par quels moyens avez-vous réussi à faire sortir ces détenus de la prison?

Vous savez, quand vous voulez régler un problème, il faut aller avec les concernés. Quand un malien est envoyé à la justice, nous donnons d’abord priorité au plaignant. Nous essayons de l’approcher, de l’écouter et de trouver une solution entre les deux parties d’abord. S’il y a des dommages qui ont été causés, nous cherchons des garanties pour les réparer. Lorsque ce principe est accepté, nous partons vers la justice pour dire que ces deux parties se sont entendues. Parce qu’il n’est pas question pour moi de défendre un malien pour brimer le droit des autres. Les guinéens et les maliens, quelles que soient les origines, se trouvent liés. Nous allons toujours gérer les problèmes à l’amiable. Tous les maliens qui ont été libérés, que ça soit au niveau de la gendarmerie ou de la police, ça été fait avec l’accord des plaignants qui ont trouvé quelque part satisfaction. Et ceux dont on n’a pas pu trouver solution, on a laissé la justice trancher. Voila un peu la stratégie que nous avons utilisée et que nous continuerons à utiliser.


Quel conseil donc pour la communauté malienne vivant en Guinée?

Mon conseil est social, il n’est pas politique. Je pense que c’est cette culture de société qui fait que les gens vont se comprendre, s’entraider, se fréquenter, être solidaires et être présents dans les baptêmes, dans les décès, aussi bien que dans les mariages. Je pense aussi que le fait que nous sommes issus des élections libres et transparentes avec un résultat accepté par tous. Et c’est le lieu de féliciter d’ailleurs mon prédécesseur qui a été aussi un homme courageux, qui contribue encore à l’épanouissement des Maliens. Tout cela avec l’appui de l’ambassade du Mali, les autorités de la Guinée et l’accompagnement du Haut Conseil. Je crois que c’est tout cela qui nous a permis en tout cas de prendre le bon chemin. Et je dis aussi durant mon mandat, je veux un bureau fort, je veux une communauté forte et non un président fort. Donc j’essaie de gérer dans la transparence. Les décisions sont prises en réunion de bureau. Tous les problèmes sont posés au sein du bureau. Aujourd’hui, les structures sont renouvelées à Kankan, Kissidougou, Banankoro, Koundara, Nzérékoré, en présence d’un délégué que nous avons envoyé pour représenter. Kindia, Siguiri et Labé sont en cours. Je pense que tout cela a permis aux uns et aux autres la nécessité de fonctionner normalement. Alors que dans ces régions, depuis quinze ans, il n’y a jamais eu de renouvellement. Nous allons continuer dans ce sens. Nous avons besoin du soutien de toutes les autorités, la presse, les bonnes volontés et surtout la bénédiction de nos sages.

Quels sont vos projets en cours ?

Lors des élections, j’avais dit trois choses. D’abord, nous allons réaliser l’unité, ce qui est en bonne voie. Ensuite, je veux assurer l’épanouissement de la jeunesse. C’est dans ce cadre d’ailleurs qu’au sein de la plateforme des ressortissants de la CEDEAO, nous sommes en train d’organiser une coupe pour la CEDEAO où chaque pays aura son équipe. Cela va permettre de créer le rapprochement entre les différentes communautés. Le problème majeur que nous avons, c’est comment participer de façon positive au développement du pays. Nous envisageons de mettre les groupes d’intérêt commun (GIC) au niveau des femmes pour leur permettre, elles aussi, d’avoir une activité. Je pense que beaucoup restent à faire aussi dans le cadre de la sensibilisation. Les maliens doivent comprendre que le bureau n’est pas une administration, c’est une administration d’entraide où tout le monde doit contribuer. Chacun doit apporter sa pierre, ses idées, et à ce niveau aussi beaucoup restent à faire. Chaque fois, on se pose la question de savoir qu’est ce que le président fait pour la communauté, on doit se poser la question pour dire qu’est-ce que moi j’ai fait pour ma communauté. Parce que qui parle de droit parle de devoir. Et il n’est dit nulle part que le droit prime sur le devoir. C’est plutôt que le devoir qui prime sur le droit. Pour que vous puissiez bénéficier de quelque chose, il faut s’acquitter de son devoir. Participer aux réunions, participer au débat, payer sa cotisation, payer sa carte de membre. Donc nous sommes en train d’évoluer dans ce sens, non seulement à Conakry mais aussi à l’intérieur du pays.


Votre mot de la fin ?

Aujourd’hui, nous sommes des pays fortement déchirés, avec la création de nos multitudes de mouvements. Le Mali est menacé et continue d’être menacé. Nul n’est à l’abri. Et tout le monde sait que ce qui touche le mali, touche la Guinée. Donc c’est pourquoi il doit y avoir une solidarité. La Guinée a perdu un lourd tribut. Les militaires guinéens sont tombés sur le champ d’honneur. C’est le moment encore de présenter les condoléances à leurs familles dument éprouvées. Je pense si j’ai un appel c’est de demander à tout le monde d’être vigilant. L’ennemi est partout. Donc je demande à toutes les communautés maliennes d’être vigilantes, d’informer les maximums. Et en cas de soupçon, d’avertir les autorités les plus proches, pour que là où nous vivons en paix, que cette paix soit pérennisée et que ça soit élargi vers notre pays. Je salue vraiment les efforts de tous. Et surtout j’ai constaté la préoccupation des guinéens par rapport au Mali. A chaque fois que je rencontre un guinéen, il se gène dire que dans notre pays le Mali ça ne va pas. Cela nous rassure et nous réconforte davantage.

Merci Monsieur !

C’est moi qui vous remercie !

Entretien réalisé par Younoussa Sylla, pour kibarounews.com







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