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Entreprenariat féminin en Guinée : AWEP-Guinée est un exemple illustratif (interview)


AWEP-Guinée, en anglais ‘’African Women’s Entrepreneurship Program-Guinea’’, ou en français ‘’Programme des Femmes Entrepreneures de Guinée’’. C’est une structure qui œuvre dans le domaine de l’encadrement et de la croissance de l’économie des femmes et le renforcement des capacités des femmes entrepreneures à travers les activités génératrices de revenus.

A travers ses différentes filiales installées partout en Afrique, AWEP permet la formation et l’information des femmes et des jeunes filles dans le cadre du maintien de leur équilibre économique et social. Elle crée un cadre de concertation avec les femmes rurales pour l’écoulement et la valorisation des produits dans le but d’améliorer les techniques de production et la transformation pour favoriser leur autonomisation effective.

En Guinée, AWEP est représenté par Madame Kourouma Saran Keïta, coordinatrice, en même temps présidente du groupe AMIDJOR. Un groupe qui évolue dans la filière agroalimentaire depuis 2008, notamment dans la transformation des produits locaux tels que le miel, le beurre de karité, la feuille de patate fraiche, le Soumbara, les grumeaux de maïs, le couscous de mil, le Moringa, le fonio précuit, les savons antiseptiques fabriqués à base du beurre de karité, d’huile de palmiste et des plantes médicinales.

Dans un entretien accordé à notre rédaction, Dr Saran Keïta a expliqué le plan de marche des entreprises Awep et Amidjor, qui se donnent pour mission de servir à un creuset d’échanges, de réflexion et de capitalisation entre les femmes entrepreneures pour la promotion et la coopération entre les organisations professionnelles féminines guinéennes en vue d’une autonomisation radicale.

Lisez…


Présentez-vous à nos lecteurs ?

Dr Saran Keita : Je suis Mme Kourouma Dr Saran Keita, je suis chef d’entreprise. J’évolue dans l’agroalimentaire, la transformation des produits locaux. En même temps, Coordinatrice d’une organisation internationale AWEP-Guinée où nous évoluons dans l’entreprenariat féminin.

Dites-nous, c’est quoi AWEP-GUINEE ?

African Women’s Entrepreneurship Program est une organisation qui est mise en place par un département américain pour aider les femmes entrepreneures africaines à ce qu’on puisse accroitre nos revenus. Et comme j’ai eu la chance d’être identifiée par mes œuvres, par mes initiatives, j’ai été la première personne à être formée par les américains dans le cadre de l’entreprenariat féminin.

Quelles sont aujourd’hui les actions d’AWEP-GUINEE ?

Les actions d’AWEP-Guinée sont multiples. Nous l’avons créé en 2011 et depuis ça nous avons eu à faire beaucoup d’activités dans la formation des jeunes filles et des femmes qui veulent évoluer dans l’entreprenariat féminin, en gestion d’entreprise, en management et en initiative pour la création des entreprises. Nous avons fait aussi des exportations aux Etats-Unis, au Maroc, en Côte d’Ivoire et au Gabon. Tout dernièrement, nous venons d’organiser une foire communément appelée la foire guinéenne au Gabon. C’est la toute première fois en Guinée qu’une organisation ou bien la Guinée même arrive à organiser une foire en dehors de la Guinée. Nous avons fait la première édition et nous comptons multiplier cela dans le temps.

Parlez-nous de la composition d’AWEP en Guinée ?

En Guinée, AWEP est composé de plusieurs groupements d’associations et d’entreprises qui sont dans le réseau. Il existe dans tous les pays africains. Je vous avoue que ce n’est pas pour nous flatter, AWEP-Guinée est parmi les meilleurs des AWEP en Afrique. Parce que l’organisation, ce n’est pas une seule personne qui fait bouger les choses, mais plutôt un groupe de personnes qui font fonctionner l’organisation. C’est pourquoi nous comptons l’avis de tout le monde. Et dans AWEP, on a des lettrées et des illettrées, mais on arrive à gérer tout cela. Il y a certaines qui sont venues à AWEP qui ne savaient rien. Mais aujourd’hui celles-ci ont leur propre entreprise qui évolue petit à petit. Elles ont eu l’initiative de créer leur propre entreprise, d’évoluer auprès de celles qui connaissent, celles qui sont déjà implantées. En suite, on les encadre et réellement beaucoup ont commencé aujourd’hui à faire leur propre business.

Y a-t-il des groupements que composent AWEP en Guinée ?

Bien sûr. Par exemple, il y a des groupements qui évoluent dans le domaine de la glace, dans l’alimentation, dans la transformation agroalimentaire, dans le BTP, dans les medias pour faire la promotion, etc.… Donc, il y a beaucoup de PME au sein d’AWEP qui évoluent dans plusieurs domaines.

Parlez-nous du groupe AMIDJOR ?

Amijor, c’est mon entreprise qui évolue dans l’entreprenariat féminin. C’est une filière d’AWEP-Guinée. J’encadre les femmes pour permettre d’accroitre leur autonomisation. Amijor est une entreprise qui transforme les produits locaux. Vous avez vu tout de suite les femmes qui sont dehors pour faire la transformation des produits. Elles sont rémunérées, et ça nous aide à épargner et à être autonome financièrement.

De nos jours, quelles sont vos actions sur le terrain?


Mes actions sont d’abord la valorisation de nos produits locaux tels que le mile, le fonio, le maïs, le beurre de karité etc. Quant on quitte la Guinée pour aller à l’extérieur, on trouve toujours ces produits précuits déjà, c’es-à-dire prêts à consommer. Donc, moi aussi, comme je suis médecin, je connais quels aliments rentrent dans la nutrition de l’homme. Donc, il est question que je valorise ces produits en faisant une semi transformation. Et ce que les femmes pourront faire après c’est seulement de cuire de 5 à 10 minutes, et puis c’est prêt. Il y a beaucoup de femmes fonctionnaires qui ne peuvent pas quitter le travail et venir à la maison, et commencer à nettoyer le fonio, puis préparer et finir à temps. C’est pour cela que moi je me suis lancée dans ça pour la valorisation des produits locaux. Et actuellement, je suis en expérimentation dans d’autres produits aussi.

Citez-nous quelques produits que vous transformez dans le pays?

Nous transformons les fruits, tels que le baobab, le néré, l’orange, le miel qu’on est en train de vendre même à l’extérieur, il y a le beurre de Karité, le soumbara bien assaisonné, le piment.

Amidjor évolue-t-il seulement à Conakry ?

Le groupement n’évolue pas seulement à Conakr. Le siège se trouve à Conakry, mais les antennes se trouvent à l’intérieur qui nous fournissent des matières premières.Quand on est fournie de ses matières premières, non seulement ça sera une chaine de valeur. Les femmes qui sont à la base à l’intérieur du pays, nous leur donnons du travail, elles écoulent leur production à travers notre achat. Et nous, nous transformons et nous exportons. Donc ces bonnes femmes là qui souffrent autant, quand elles produisent ça ne s’écoulait pas, il fallait que nous, nous valorisions ce qu’elles produisent. Comme ça elles ont leur marge. Elles augmentent leur productivité pour pouvoir être autonomes à leur niveau. Et nous, nous achetons à travers d’autres femmes qui sont là-bas, qui font la commercialisation, qui vont prendre et nous amener. Nous, nous prenons ceci et nous valorisons. Nous ajoutons une valeur ajoutée et puis nous exportons. Vous avez vu celles qui sont à la base gagnent, puis les intermédiaires gagnent aussi. Et nous qui transformons nous gagnons égalemnt, parce que nous envoyons à nos compatriotes de l’étranger pour vendre. Et c’est comme ça jusqu’au niveau de la conservation. C’est ce qu’on appelle le commerce équitable.

Comment parvenez-vous à garder le contact avec toutes ces antennes de l’intérieur?

Vous savez la nouvelle technologie a facilité beaucoup de choses. il y a le téléphone, le viber, l’internet, etc., certains qui sont à la base qui sont coiffés par des gens qui sont instruits donc à partir de ça on se communique par téléphone, on se communique par l’E-mail, par le viber, si j’ai besoins de quelque chose je ne peux pas leur dire le nom je prends la photo je leur balance, automatiquement elle sont informée, elles produisent et elles nous emmènent.
Nous faisons une sorte de volontariat. Si les femmes travaillent, ce qu’elles produisent c’est pour elles-mêmes. Leurs produits leur appartiennent, je n’ai rien à avoir dans ça. Mais je les motive à travailler, à produire beaucoup, parce qu’elles savent que quand on produit on peut trouver quelqu’un qui peut acheter. Donc les femmes de AWEP qui sont à Conakry ont besoins de quelque chose à exporter nous descendons à la base. Nous payons des matières premières avec ces bonne femmes là, elles ont leur argent, la marge es ajoutée et peuvent elles prennent pour aller payer les semences pour produire encore, vous avez vu. Donc, de fait qu’on les aide à écouler leur produit, ça les motive à accroitre leur activité, leur revenu, donc c’est pour cela il ne faut pas du tout marginaliser celles qui sont la base travaillent plus que nous. nous nous trouvons les produits déjà fait, mais c’est elle qui travaillent qui font le gros des problèmes

Il y a combien d’antennes au niveau de Amidjor ?

Amidjor a trois antennes à l’intérieur. On a une antenne à Dabola, représentée par Koumba Keita, il y’en a à Kouroussa (même dans les villages), à Babilla, à Sandiana, Moussayah.

Combien de femmes évoluent-elles avec vous au sein du siège ?

J’évolue ici avec au mois 22 personnes : les femmes et les jeunes filles. J’ai toujours commencé par les jeunes filles. Vous savez en Guinée, on ne commence pas l’entreprenariat très tôt. Vu que j’ai beaucoup marché, j’ai vu dans les autres pays qu’on commence à bas âge et c’est ainsi que j’ai envoyé cette initiative pour que les jeunes filles puissent le connaitre à bas âge. Volontairement, elles sont engagées et quelque part elles ont leur petite marge. Ce qui leur permet de tenir leur petite tontine ou leur épargne. Je leur ai dit d’ouvrir les petits comptes pour garder un peu de marge. Vous savez, nous les femmes, on n’est pas contrôlée et si on gagne on risque de tout mettre dans la marmite pour les enfants et pour le monsieur. Et mon initiative, ce n’est pas ça. Ma vision, c’est de voir la femme guinéenne rehaussée, autonome d’elle-même, financièrement. Donc pour ça, il faut mettre les initier pour voir comment elles peuvent être autonomes. Certaines ont commencé leur petit commerce avec ça. Quand elles viennent le travail l’argent qu’elle gagne certaines font le commerce du poisson, des petits condiments, le commerce des jardins potagers, la culture maraichères. Certaines aussi font le commerce du riz, le commerce des habits. Donc c’est comme ça on commence.

Depuis quand vous avez optez pour ces initiatives ?

Je ne l’ai pas commencé aujourd’hui. Je peux dire que c’est inné en moi. Depuis quand j’étais à l’école, j’avais des idées de faires des séances de sensibilisation pour que les femmes ne comptent pas sur leurs maris. On vient en aide à un mari, mais pas pour s’asseoir pour que c’c’est lui qui amène tout à ton niveau, avec ça tu ne peux pas dire un mot à la maison. Mais si l’homme apporte cinq, toi aussi tu peux apporter au moins un. Comme ça l’homme aura confiance en toi et il saura que le jour où il n’est plus, tu pourras faire face aux besoins des enfants. Mais si tout ton programme c’est l’homme qui le fait, alors sache qu’il ne pourra pas faire tout. Un jour il va se fatiguer. Je sensibilise les maris aussi à accepter de nous accompagner. On les aide à entretenir la maison. Donc pour ça, il faut que nous travaillions honnêtement avec la confiance des maris, ce qui fera qu’ils peuvent avoir confiances en nous et nous laisser en liberté de nous mouvoir dans nos activités génératrices de revenus. Moi, j’ai eu la chance de tomber sur mari qui m’accompagne dans mes activités génératrices de revenus. On le fait même ensemble. Quand je fais des voyages, il ne s’oppose pas. Il sait que je ne vais pas pour blaguer ni me vendre, mais je vais pour chercher l’argent pour faire rentrer dans la maison. C’est pour cela qu’il m’accompagne. Et j’invite tous les maris aussi à accompagner leurs femmes. Les femmes seules ne peuvent pas faire quelque chose. Il faut que nous soyons épaulées par nos maris, avec ça on sera fière. Dire que ce que l’homme fait la femme ne peut pas le faire c’est archifaux. Tout ce que l’homme peut faire la femme est capable de faire. Moi je peux le faire, je suis engagée et je le ferai. Et je le ferai faire par les femmes. En tout cas toute femme qui accepte de travailler avec moi tu auras l’esprit, un esprit d’équipe, car une seul personne ne peut rien faire. Et tu auras l’initiative de chercher l’argent pour aider la famille, c’est très important.

Quelles sont vos sources de Financement ?

Pour le moment, c’est autofinancé. On le fait avec notre fonds propre. Et dans AWEP aussi, c’est avec le fonds propre des femmes pour le moment. Nous menons nos activités techniquement. Il y a quand même le ministère du commerce, l’APIPE et l’ambassade des Etats-Unis qui nous accompagnent. Tout dernièrement, il y a eu l’ambassade de Guinée au Gabon qui nous a accompagnées à exécuter notre activité de foire. Il nous a beaucoup aidées, il s’appelle El hadj Abdoulaye Baldé, il nous a même permis d’être en contact avec le gouvernement gabonais pour la mise en place de cette foire guinéenne. On a fait dix jours de foire et d’exposition. On a fait la promotion de nos produits guinéens et on était vraiment fière de nous et de nos produits. Vous savez quand on n’a confiance en soit même on ne se vend pas. Mais moi j’ai confiance en moi, j’ai confiance aux femmes de AWEP, elles sont très braves. Je sais que avec AWEP seulement, on pourra aider le gouvernement à rehausser leur économie parce qu’on est engagée et on est dynamique et nous travaillons bien. On travaille sans s’attendre à une récompense. Donc je tire chapeau aux femmes d’AWEP. En ce qui me concerne, je suis engagée à fond, corps et âme pour aider les femmes guinéennes, pour aider le gouvernement guinéen, ma famille on n’en parle pas. C’est pour cela que tous mes enfants feront l’entreprenariat. Ils ont commencé déjà.

Que pensez-vous du cas des femmes de ménage ?

Je dirais que c’est une bonne chose. Mais, il y a des manières de le faire. Dans tout travail, il y a des avantages et des inconvénients. Tout le monde ne peut pas s’asseoir au bureau. Il y a des différents domaines de travail qu’on doit refaire. Mais tout ce qu’on fait dans la vie il faut le faire bien. Quand on a opté à être femme de ménage, il faut le faire avec honnêteté et engagement, puisque c’et ton travail. Si tu l’aimes tu le feras bien. Il y a les femmes qu’on appelle dans les films ‘’des gouvernantes’’. Ce sont des femmes de ménages. Elles ont presque tout, parce qu’elles aiment leur travail. Elles le font avec amour, avec l’honnêteté. Mais, dans le métier de ménage, tout ce qu’on n’aime pas, c’est de faire l’exploitation. Mais si elle fait bien son travail et qu’elle elle bien rémunérée, dans la valeur de ce qu’elle fait, elle pourra nourrir sa famille à travers ça. Donc tu lui donnes le travail qu’elle mérite. Moi, je suis contre l’exploitation des jeunes filles dans les ménages. Il faut d’ailleurs l’apprendre à comprendre les choses, à l’éduquer même si c’est ta bonne. Il faut lui donner son droit le plus absolu qui est son salaire. Avec ça, elle saura s’organiser dans son travail pour entretenir sa famille et mettre quelque chose en place, et même monter sa propre entreprise. On peut le faire en tant que femme de ménage. Mais il ne faut pas aussi être femme de ménage, chercher le mari de ta patronne, ça ne peut pas aller. Avec ça, ta patronne ne peut pas bien te traiter, surtout quand elle sait que tu fais la cour à son mari. Une femme de ménage doit être respectueuse. Elle doit bien travailler et bien se comporter et être un élément support pour le développement de son milieu pour protéger son ménage. C’est un travail comme tous les autres. Tout dernièrement, les jeunes filles que j’encadre, après la formation qu’AWEP a eu à leur donner, il y a deux jeunes filles qui ont créé une agence de femmes de ménage. Actuellement, elles sont fonctionnelles. Elles ont leur papier, officiellement installées. Donc, si vous connaissez des gens qui veulent avoir les femmes de ménage ‘’correctes’’ qui ne sont pas n’importe qui, puisqu’il y en a dedans qui ont fait l’université. C’est Amidjor qui est parti faire même la formation de ces femmes de ménage. Et l’entreprise s’appelle SONAMI, c’est-à-dire l’entreprise de SONNA et AMINATA. Quand elles m’ont posé la question la première fois, je leur ai dit que c’est une bonne chose, puisque c’est une première en Guinée. Peut-être si ça existe ailleurs, c’est que les autres ne sont pas connues. Alors, je ferai tout pour que leur agence soit connue. Ce n’est pas tout le monde qui arrive à prendre cette initiative. Il y a des risques pour être femme de ménage. Tu es exposée à tous. Des fois, certains pères de famille peuvent vouloir sortir avec toi. Si tu acceptes, ce n’est pas bon pour toi. Et si tu refuses, c’est encore mauvais pour toi. Que faire donc ? Alors moi j’encourage, mais je n’encourage pas l’exploitation des filles.

Le mariage précoce reste un défi à relever, qu’en dites-vous ?

Je suis farouchement contre le mariage précoce. Je vous ai dit que ce n’est pas aujourd’hui que j’ai commencé mon entreprenariat. Depuis que je faisais l’école primaire, je faisais partie des membres du comité d’administration de l’école qui gérait les élèves. J’étais entre les élèves et la direction. Dans ça, j’ai fait beaucoup d’intervention dans la scolarisation des jeunes fille, le mariage précoce. C’est ce qui m’a motivée étant médecin de me spécialiser en violence faite aux femmes, c’était ma thèse à l’université. Je suis contre ça. J’ai emmené beaucoup d’hommes à la justice pour ça. Je n’accepte pas qu’on brutalise les femmes. Quand tu donnes une fille en mariage sans son consentement, sans avoir l’âge du mariage, exposée aux maladies et à la mort. Il faut reconnaitre, on ne peut être à l’aise que lorsqu’on vit avec quelqu’un qu’on aime. La vie est très difficile et très longue. Donc, quand tu vas en mariage chez quelqu’un que tu aimes, tu accepteras tout de lui : tu lui pardonneras, tu auras pitié de lui et tu seras soumise à lui. Mais si tu n’aimes pas ton mari, tu va te soumettre jusqu’à un certain moment, le reste c’est non. Tu ne pourras pas le faire, puisque ça vient sans que tu ne rendes compte. Tu ne feras jamais ce qu’il veut réellement. En plus de ça, quand tu donnes une fille en mariage précoce, ça maturité n’est pas là, l’homme ne peut pas dire qu’il ne touchera pas à la fille ? Et quand la fille prend la grossesse, on se demande comment elle va mener cette grossesse ? Comment elle va accoucher sans avoir des problèmes. Simplement son organisme n’est pas mature. Avec ça, elle peut avoir des complications rénales, des fissures sur le plan rénal et gynécologique. Donc tout ça, ce n’est pas bon.

Quel appel lancez-vous aux familles à l’occasion de ce mois de l’enfant ?

A l’occasion du moi de l’enfant, je lancerais un appel à toutes les femmes et à toutes les populations guinéennes. Le commerce des enfants n’est pas bon. Quand tu donnes une bonne éducation à l’enfant, qu’il t’appartienne ou pas, un jour cet enfant va te supporter, il pourra être utile pour toi et à la population de son pays. L’utilisation des enfants, je n’encourage pas. Il faut qu’on donne la priorité à l’éducation, à l’alphabétisation et aux études. Que les enfants sachent faire la distinction pour dire que ça c’est bon pour moi, ça ce n’est pas bon pour moi. Qu’ils sachent lire et écrire, c’est très important. Aujourd’hui, même dans le commerce, si tu ne sais pas lire ni écrire, il y aura des gens qui viendront te manger et te détourner tes projets et tout ce que tu fais. Donc, moi, je voudrais qu’on emmène tous les enfants à l’école. Tous les enfants naissent égaux, que tu sois l’enfant de ministre ou de pauvre, ils naissent tous égaux. Donc, on doit donner le droit aux enfants de s’épanouir, d’aller à l’école, de lui donner ce qu’il préfère. Il n’est pas interdit de faire travailler les enfants, mais donne un travail à un enfant où il peut apprendre, qu’il peut faire conformément à son âge. Donc, l’exploitation des enfants, je suis contre, je n’apprécie pas.

Parlez nous des prix que vous avez bénéficiés, les derniers temps ?

Premièrement, j’ai eu un prix avec un groupe de jeunes d’une ONG appelée COPE-GUINEE, en 2015. Ceux jeunes identifient les gens à travers leurs œuvres pour savoir qui fait quoi, qui évolue dans quoi. C’est ainsi que j’ai été identifiée par mes œuvres, par mon action en faveur des jeunes et des femmes. Tout dernièrement, j’ai organisé une formation pour les jeunes de mon quartier, chose que je fais souvent. Le deuxième prix, je l’ai eu en 2011, avec Gnouma Magasine. Je l’ai reçu aussi pour mon engagement pour aider les femmes et la jeunesse. Je suis la jeunesse de prête et les femmes. Le troisième prix, je l’ai reçu aussi grâce à mes œuvres. Si vous voyez à la télévision comment ils font pour montrer les personnes cachées à l’ombre. C’est à la suite de ça que j’ai eu ce prix. Le quatrième prix, c’était à l’occasion du 20ème anniversaire de l’Ambassade de l’Afrique du sud en Guinée. Ce sont eux qui m’ont remis ça à travers ce qu’ils entendent et voient après moi. C'est-à-dire mes actions qui se passent à la radio et à la télévision. C’est un prix que je vais garder jalousement, mes enfants pourront voir ça de ce que j’ai fait pour mon pays. Le cinquième, je l’ai eu en 2011 aux Etats-Unis. C’est le département d’Etat qui me l’a offert pour mon dynamisme, mon engagementet mes initiatives à l’endroit des femmes. Je l’ai eu avec mon attestation, qu’on m’a offerte pour mon mérite. Le sixième prix, c’était en 2012 avec le département d’Etat toujours pour m’encourager à évoluer et à suivre ma vision de faire la promotion des femmes. Le sixième, c’est en 2013 avec l’ambassade des Etats-Unis pour mes œuvres à travers le pays. Pour ce que je fais pour les femmes et pour les jeunes. Et je continuerai à le faire. J’aimerais que les jeunes sachent qu’il y a eu une dame qui prête attention à ce qu’ils font et à ce qu’ils veulent. Que les jeunes soient l’avenir de demain. Je ne manquerai pas de féliciter toujours les femmes d’AWEP-GUINEE. Ce n’est pas tout le monde qui accepte de former son élève.

Quels mots d’encouragement pour les femmes africaines ?

Les femmes africaines, je les croise souvent. On fait des rencontres ensemble à travers le monde. Je lance un appel solennel à toutes les femmes africaines de faire comme moi, d’être dynamique, disponible et engagée. Je prends toujours l’exemple sur moi. Je n’ai rien, mais l’initiative ne me manquera pas pour donner aux femmes. Elles n’ont qu’à se lever pour travailler en synergie afin de développer l’Afrique. L’Afrique ne peut pas se développer sans les femmes africaines. Nous les femmes africaines, c’est nous qui pouvons développer l’Afrique. Les hommes ne pourront pas, les femmes nous pourrons. Et bientôt nous allons arracher le pouvoir aux hommes. C’est un défi qui est lancé, et nous allons relever ce défi. Donc, j’appelle un appel de solidarité et d’engagement aux femmes africaines pour que d’ici 2030 que l’Afrique soit une Afrique émergente, une Afrique complètement féminisée dans tous les sens. Et c’est les femmes qui donneront maintenant du travail aux hommes. Et ça se fera.

Votre mot de la fin ?

J’appelle le gouvernement à accompagner les femmes. AWEP est là pour accompagner les jeunes. On a de l’expérience pour gérer la jeunesse guinéenne. Donc, nous les accompagnons, le gouvernement. Et AMIDJOR est là pour valoriser les produits locaux, valoriser ce que nous produisons. Je vous avoue que d’ici 2030 il y aura des entreprises de transformation appartenant aux femmes pour valoriser nos produits guinéens. Et j’appelle toutes les femmes guinéennes de se donner la main, d’être solidaires entre nous, de bannir l’égoïsme pour qu’on puisse aller de l’avant, pour qu’on puisse aider le gouvernement à pousser l’économie et à quitter cette phase. J’invite la jeunesse aussi à dire non au bureau. On ne peut être autonome ou libre que quand on est dans le privé. Donc la jeunesse n’a qu’à créer leur entreprise pour être des grands patrons de demain et de nous aider à gérer l’avenir de la Guinée.

Merci Madame !

C’est à moi de vous remercier.

Entretien réalisé par Younoussa Sylla et Zakaria Touré

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