Bannière

Fête internationale de la jeune fille : « Il faut investir sur l’éducation des jeunes filles et leur maintien à l’école », dixit, Mme Yansané Fanfan Mouké Touré, femme leader


A l’instar des autres pays, la Guinée a commémoré ce mardi 11 octobre 2016 la journée internationale de la jeune fille. Cette journée a été instituée par les nations-unies pour donner l’occasion d’investir dans la promotion et de la protection des droits de l’enfant et l’équité du genre. Aussi, soutenir l’amélioration des perspectives d’avenir laissées aux jeunes filles et de sensibiliser l’opinion sur les inégalités dont elles souffrent à travers le monde en raison de leur sexe.

A cette occasion, nous avons rencontré Mme Yansané Fanfan Mouké Touré, femme leader, chirurgienne dentiste de formation, coordinatrice de l’observatoire de défense des droits de l’enfant, pour échanger avec elle les questions liées à la protection des droits de la jeune fille et le développement de leur leadership, indispensable à la vie de tous les jours.

Lisez…

Bonjour Madame !

Bonjour !

Qu’en pensez-vous de la célébration de la journée internationale de la jeune fille?

Je trouve que c’est une excellente journée en faveur de l’éducation de la jeune fille. Egalement, dans la promotion des droits de la jeune fille et le développement de leur leadership. Il faut surtout investir sur l’éducation des jeunes filles surtout sur leur maintien à l’école. Car, ce n’est pas toutes les filles qui peuvent commencer l’école et terminer même en dehors du primaire. Donc, il faut insister sur leur maintien à l’école. Une fille scolarisée sera une femme qui va réaliser ses rêves et éduquer à son tour ses enfants. Donc, elle est l’devenir de demain. Si une femme est éduquée, c’est toute une nation qui est éduquée. Et ces filles éduquées ne subiront jamais les mariages précoces, ni les mutilations génitales féminines, ni les violences dans le foyer. Donc, nous devons investir tous pour l’éducation de la jeune fille.
Cette journée est toujours d’actualité. C’est un combat au quotidien de la jeune fille et de la femme pour non seulement l’autonomisation de la femme, mais aussi la promotion des droits de la jeune fille.

Quelles recommandations faites-vous donc ?

Je dirais aux filles de prendre leur avenir en main. Une fille doit rêver et essayer de réaliser ses rêves. L’éducation de la jeune fille est la base de tout. Parce qu’une femme qui n’est pas éduquée ou qui n’est pas alphabétisée ne pourra jamais s’occuper de sa famille correctement. C’est elle qui a le cordon de la bouche. Elle sait comment s’investir pour ses enfants pour la nourriture, la santé et l’habillement. La promotion donc des droits des filles et la promotion de leur leadership feront avancer leur monde.

Est-ce que déplorez-vous aussi la situation des filles qui vendent dans les rues de Conakry?

C’est déplorable de voir les petites filles vendre les cacahuètes dans les rues. Et quand vous remarquez le plus souvent, ce sont les jeunes filles qui viennent suivre les éducations dans les familles. Alors que ce n’est pas normal. Leurs propres enfants vont à l’école. Mais les petites filles qui viennent souvent de village, dans les milieux très défavorisés, dont les parents sont pauvres et veulent toujours que leurs filles aient un foyer dans la capitale où travailler. Il y a certains même dans cette capitale qui n’arrivent pas à s’occuper de leurs enfants. Ils préfèrent les donner à une autre personne pour les éduquer. Et c’est là qu’elles subissent des maltraitances, des violences et même des viols. Parce que tout simplement elles sont dans les rues pour vendre des cacahuètes, de l’eau, de l’orange pendant toute la journée. Et les personnes mal intentionnées aussi qui sont là, profitent de leur vulnérabilité pour les violer, les arnaquer et les escroquer. Et les femmes qui les envoient dans les rues, les jettent vraiment dans la gueule du loup. Parce qu’elles savent que ces petites sont ignorantes. Parfois à cause d’un petit bonbon, on peut les voler. Puisqu’il y a des personnes qui volent les enfants. Et tous cela sont des fléaux qu’il faut bannir. Et procéder à la protection des droits de ces genres de filles. Une petite fille, à partir de six ans, doit aller à l’école. Même à partir de quatre ans, elle doit être envoyée dans une école maternelle où elle doit apprendre à vivre en société. On ne peut pas dire qu’une petite fille ne doit pas aider les parents dans les travaux forcés. Ce serait aussi une manière pour elle de se préparer dans un futur à être une femme. Mais cela ne peut pas dire qu’il faut la soumettre à toute la charge du foyer. Donc, nous, notre rôle, c’est de veiller à tous ces droits des enfants, garçons et filles, pour qu’ils soient à l’école pour se maintenir jusqu’à un certain moment pour avoir une autonomie financière plus tard et un meilleur destin et réaliser ces rêves.

Les jeunes enfants sont souvent victimes de meurtre dans notre pays. Qu’en dites-vous ?

C’est vraiment déplorable qu’il ait des cas de meurtre de jeune fille dans notre pays. Ce sont les cas qui sont très fréquents en ce moment. C’est une affaire nationale. Or, l’Etat doit s’impliquer, les ONG et surtout les parents d’enfants. Il ne faut pas mettre un enfant au monde pour le laisser dans la rue. Il faut vraiment s’occuper de son enfant. A ce niveau, il n’y a pas question de pauvreté ou de richesse. Même si tu es le plus pauvre, il faut suivre ton enfant. C’est dommage de voir un enfant aller à l’école le matin sans être accompagné par quelqu’un, le voir traverser tout seul dans la rue, sachant que les taxis en Guinée ne respectent pas les codes de route. Alors que ça doit commencer par là. Le matin, il n’y a pas de pauvre ni de riche pour prendre son enfant et le faire traverser la rue pour l’emmener à l’école. Déjà, tu es rassuré qu’elle est à l’école. Et à partir de la cour de l’école, c’est la direction et les maitres qui sont responsables de la sécurité de l’enfant. Mais laisser son enfant tout seul aller à l’école, si quelque chose lui arrive qui en est responsable ? Moi, je pense que les parents ont démissionné. Pourtant, ils doivent prendre leur responsabilité. Sinon ce n’est pas une affaire de moyens.

Votre mot de la fin ?

Je souhaiterais bonne chance à toutes les jeunes filles de Guinée et d’ailleurs. Je leur dirais de suivre les conseils des parents, des ONG, des amis et poursuivre les études. Pour poursuivre ses rêves, il faut forcement poursuivre ses études. Sans l’éducation, il n’y a pas de développement. Sans l’éducation, les filles ne peuvent pas aller de l’avant. Alors que si une femme est éduquée, c’est toute une nation qui va être éduquée. Parce qu’elle aura des enfants qu’elle éduquera à son tour, et la nation toute entière sera éduquée. Comme le disait Nelson Mandela ‘’ l’éducation est la plus grande arme contre la pauvreté’’.

Merci Madame !

Je vous remercie !

Entretien réalisé par la Rédaction de kibarounews.com

Comments (0)

  1. Aucun commentaire pour le moment.

    Publiez le 1er commentaire pour cet article !

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas mis en ligne. Les champs avec un * sont obligatoires.

CAPTCHA ERROR!
captcha