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Gabon: reprise timide du travail à Libreville


Suite de la crise postélectorale au Gabon. La semaine dernière, Ali Bongo a été déclaré vainqueur du scrutin présidentiel, avec à peine 5 600 voix d'avance sur Jean Ping, son principal opposant qui revendique lui aussi la victoire et réclame un recomptage des voix. Après une vague de violences la semaine dernière, un calme précaire est revenu. Ce lundi, le Premier ministre gabonais avait appelé à la reprise du travail.

Il y a une reprise, mais elle est encore timide, précaire. Dans le public et le privé, des structures ont rouvert, mais il manque encore beaucoup d’employés trop effrayés par la volatilité de la situation. A la Trésorerie publique, où les fonctionnaires viennent notamment toucher leur salaire, les gens font la queue, car les agents sont loin d’être tous revenus.

Parfait est enseignant, il n’avait pas pu toucher sa paye le 25 août. Heureusement, sa compagne a reçu son argent par virement bancaire. Donc, le couple a pu s’en sortir en réduisant les dépenses. Patrick, lui, est officier de police judiciaire. Il estime que la vie va peu à peu reprendre son cours normal. « Mais c’est peut-être pas pour aujourd’hui », répond Janvier qui en est lui à sa troisième tentative pour toucher son salaire depuis ce matin.

Grise mine

Plus loin, dans l’agence principale de la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG), il y avait des dizaines de personnes, de longues files d’attente. Une dame a confié qu’elle laissait tomber, que c’était trop long : « Je pars me distraire et je reviens demain ».

Les chefs d’entreprise font grise mine. Mathias est responsable d’une agence dans le secteur énergétique. Ce matin, il a fermé. Seulement 7 employés sur 80 étaient venus et vu la précarité de la situation, il a préféré demander à tout le monde de rentrer. Maintenant, son entreprise souffre. Il n’exclut pas d’ailleurs des congés techniques bientôt. Enfin, Pamela, une réceptionniste d’hôtel, avait fui les violences pendant plusieurs jours. Elle a repris le travail ce matin, mais elle confie être prête à fuir à la moindre étincelle.

Rassemblement devant le tribunal

Les troubles qui ont suivi après l’annonce des résultats et la réélection d’Ali Bongo ont débouché sur quelque 1 000 personnes qui ont été arrêtées, dont 800 à Libreville. Devant le tribunal de Libreville, des familles sont venues spontanément pour en savoir un peu plus sur le sort de leurs proches.

Depuis ce lundi matin, des véhicules déposent les personnes interpelées durant les violences postélectorales. Selon une source, ces prisonniers seraient en train d’être entendus par le procureur de la République, à l’intérieur du palais de justice. La plupart de ces gens ont été pris lors de l’assaut donné sur le QG de Jean Ping.

Environ 200 personnes sont réunies devant le bâtiment. Des familles qui réclament de voir leurs fils, frère, sœur, nièce, arrêtés. Ces familles ne savent toujours pas où sont leurs proches et parfois ne savent même pas s’ils sont vivants. Il y a beaucoup d’émotion et de la colère également envers les militaires qui montent la garde.

Personne n’a eu le droit d’entrer dans l’enceinte du tribunal. Tout le monde est à l’extérieur et cela frustre beaucoup toutes ces personnes qui se disent maltraitées, rejetées. Un homme a même crié aux soldats : « Vous êtes complices, arrêtez-nous aussi ».

Avec Rfi

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