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La Chine affiche sa puissance avec son nouvel avion de combat


Présenté comme furtif, l’avion de combat J-20 était de sortie le 1er novembre au salon de l’aviation de Zhuhai, dans le sud de la Chine. Coup de bluff ou véritable progrès technique, l’aéronef incarne les ambitions de Pékin quant à la modernisation de son armée… et à l’expansion de sa zone d’influence.

Tous les deux ans, la Chine organise une démonstration de ses prouesses technologiques en matière d’armement, à Zhuhai, ville côtière du sud du pays. Cette année, les spectateurs ont assisté au premier vol officiel de deux J-20. L’appareil, développé dans un secret relatif, disposerait d’équipements de pointe en matière de radars, d’armement, et de furtivité.

« En fait on sait toujours assez peu de choses sur le J-20 », nuance Joseph Henrontin, chargé de recherches au Centre d’analyse et de prévision des risques internationaux. « Pour moi, il ne peut pas être furtif ». Trop massif, trop bruyant, doté de réacteurs trop puissants pour ne pas être détectés – selon l’agence Reuters, les alarmes de plusieurs véhicules du parking de la base aérienne de Zhuhai se sont déclenchées au passage des deux J-20.

L’expert des questions d’armement poursuit : « Je pense que l’avion est peu manœuvrable. Vu la taille de ses soutes, il s’agirait plutôt d’un bombardier tactique », donc d’un appareil destiné à détruire des objectifs au sol plus qu’à mener des combats rapprochés dans les airs. « Il se peut aussi qu’il dispose de systèmes radars très poussés », ajoute le spécialiste.

Une armée « moins nombreuse, mais mieux équipée »

Le J-20 n’est que la pointe émergée de l’iceberg. Pour Pierre Picquart, docteur en géopolitique, l’Empire du Milieu est en train d’opérer « un véritable bond technologique ». L’auteur de La Chine, une menace militaire ? (Ed. Favre) explique : « Les Chinois sont en train de combler leur retard. Bientôt leurs trains, leurs automobiles, leurs drones concurrenceront ceux des Occidentaux. »

Ces progrès se déclinent aussi du côté de l’armée, dont le fonctionnement même est en cours de réforme depuis l’année dernière. Pékin s’oriente vers une troupe « moins nombreuse, mais mieux formée, mieux équipée. Une armée rationalisée, dotée d’outils numériques de pointe », analyse Pierre Picquart. Et la modernisation s’opère au pas de course : « Prenez l’exemple des porte-avions. Tout le monde a été surpris parce qu’en un an, les Chinois ont développé des technologies pour lesquelles il a fallu dix ans de travail aux Occidentaux », affirme l’expert militaire Joseph Henrotin.

La fin de l’isolationnisme ?

Pékin a des ambitions en Mer de Chine et ne s’en cache plus. Mais l’Empire du Milieu pourrait voir plus loin. Base militaire en construction à Djibouti, virées de vaisseaux chinois dans l’Atlantique, production annoncée d’un millier de Y-20, avions de transport de troupes, capables d’embarquer 60 tonnes à 1000 kilomètres de distance... Dans les milieux de la défense « on se demande jusqu’où ira la bascule chinoise, entre régionalisme et mondialisme », confie Joseph Henrotin. En somme, jusqu’où Pékin veut étendre son influence, historiquement cantonnée à proximité de ses frontières.

Le spécialiste des questions de défense prévient : « Il faut se méfier des annonces faites par les Chinois en matière d’armement. Ce ne serait pas la première fois qu’ils annoncent des prouesses technologiques, alors que les résultats ne sont pas là ». L’intérêt ? « Avant même d’avoir des capacités effectives, ils poussent les autres pays à dépenser plus dans l’armement pour les rattraper. Ils essoufflent leurs budgets. » Selon Joseph Henrontin, les J-20 présentés à Zhuhai seraient au stade des derniers tests – et pas les premiers de la série de production, comme l’affirme Pékin. Effet d’annonce ou pas, le J-20 vole déjà.

Source : rfi

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