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Les Gabonais attendent toujours les résultats de l’élection présidentielle


Le Gabon a les yeux tournés vers la commission électorale nationale (Cenap) qui doit proclamer mercredi le nom du vainqueur de l'élection présidentielle qui oppose notamment le président sortant Ali Bongo Ondimba et son rival Jean Ping.

Après des heures d’attente, la Cenap a commencé ses travaux en pleine nuit, mardi 30 août, selon les chaînes publiques Gabon Télévision et Gabon 24, accusées de proximité avec le pouvoir par l’opposition. « La plénière se tient toujours à la cité de la Démocratie avant l’annonce des résultats par la Cenap », lisait-on sur un bandeau qui défile en continu.

« La plénière n’a jamais commencé », a toutefois répondu le directeur de campagne de Jean Ping, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi. Selon la procédure, le ministre de l’Intérieur doit venir dans les locaux de la commission pour lire à la télévision les résultats à l’issue des travaux. Mais, de sources concordantes, les débats butent sur l’absence de certains procès-verbaux.

Le Haut-Ogooué au centre de l’attention

« Nous avons les résultats des huit autres provinces sauf ceux du Haut-Ogooué », a expliqué un délégué de l’opposition à la Cenap. Cette province, qui compte 71 123 électeurs inscrits, est le fief du président Ali Bongo et de son père et prédécesseur Omar, au pouvoir pendant 41 ans (1967-2009).

« Pour gagner, Ali Bongo devrait obtenir plus de 60 000 voix dans le Haut-Ogooué, avec un taux de participation dépassant les 90%… », a avancé mardi soir Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi. Jean Ping a quant à lui répété qu’il se considérait vainqueur, « sauf fraude massive » et a appelé ses militants à rester mobilisés devant son siège de campagne, mais sans manifester.

L’ancien président de la Commission de l’Union africaine a appelé « solennellement Ali Bongo Ondimba à se plier au verdict des urnes et à reconnaître sa défaite ». Mais l’entourage du président Bongo évoquait également une « avance » qui lui garantirait la victoire et le président sortant déclaré attendre « sereinement » les résultats.

Des rues vides

Les Gabonais n’ont pas oublié qu’en 2009 des violences post-électorales avaient éclaté à Port-Gentil, la capitale économique et, bien avant la tombée de la nuit, les rues de Libreville et Port-Gentil se sont vidées.

En matinée, de nombreux Librevillois avaient envahi supermarchés et épiceries pour faire des provisions. Les forces de police anti-émeute se sont progressivement déployées aux points stratégiques de la capitale. Des blindés légers patrouillaient sur le bord de mer et des barrages bloquaient les accès de la présidence.

Sur son site, l’ambassade de France a « demandé aux ressortissants français d’éviter tout déplacement ce mardi 30 août à compter de 14h00 ».

Ban Ki-moon appelle les deux adversaires

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé les deux candidats pour leur faire part de « sa préoccupation concernant des déclarations prématurées sur l’issue des élections ». Mais cela n’a pas empêché les invectives de continuer à pleuvoir.

Le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a dénoncé « des ingérences multiples » au bénéfice de Jean Ping, visant la France et un proche du président ivoirien Alassane Ouattara, qui a été congédié par le pouvoir à Abidjan.

Jean Ping a de son côté affirmé que son camp avait « mis à nu un système de fraude généralisé avec des procès-verbaux préétablis ». Son avocat parisien, Éric Moutet, a par ailleurs annoncé qu’il saisirait la Cour constitutionnelle en cas de défaite.

jeuneafrique

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