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Macenta : Une guinéenne mise aux arrêts pour trafic de peaux de panthère et d’importantes autres peaux d’espèces animales protégées


La région forestière de la Guinée faisant frontière entre la Sierra Leone, le Libéria et la Côte d’Ivoire entant rentrer à pas feutrés dans la criminalité faunique. Après le récent cas d’abattage d’éléphant qui avait d’ailleurs remué le juge de paix de Macenta, c’est autour d’un trafic sous régional de peaux d’espèces animales intégralement protégées de refaire surface. Dame Seiba Soropogui a été mise aux arrêts le 28 janvier 2017 par les agents de la police préfectorale, le Corps des Conservateurs de la Nature et par appui technique de GALF (Guinée Application de la Loi Faunique) sous les commandes du juge de paix. La présumée trafiquante était en flagrant délit de détention, circulation et commercialisation de peaux de panthère et d’importantes autres peaux d’espèces animales protégées.

C’est suite aux informations faisant état d’un trafic faunique dans la préfecture de Macenta au sud de la Guinée qu’une dénonciation par l’ONG GALF au Substitut du Procureur du tribunal de première Instance(TPI) de Kaloum, point focal de la criminalité faunique auprès du Ministère de la Justice Garde des Sceaux a été faite. Ainsi, le 28 janvier 2017, Dame Seiba Soropogui a été appréhendée par une équipe mixe composée des agents de la police préfectorale, du Corps des Conservateurs de la Nature et GALF sous l’ordre du juge de paix de Macenta. La présumée trafiquante internationale de trophées d’espèces animales intégralement protégées était en flagrant délit de détention, circulation et commercialisation de 2 peaux de panthère, 2 peaux de serpent boa, 2 peaux de crocodile, 2 peaux de serval, 1 peau de varan, 3 peaux de civette et environ une trentaine de peaux d’autres espèces animales intégralement protégées.

De tels agissements sont prévus par le code de faune et règlementation de la chasse. L’article 126 dudit code dispose : « Aucun animal de chasse, mort ou vif, aucun trophée ou dépouille de ces animaux ne peut être détenu ou transporté à l’intérieur du territoire qu’en vertu d’un permis de chasse, d’une licence de chasse, d’un certificat d’origine d’importation ou de réexportation, ou d’une justification de propriété dûment établis par le Service forestier. ».

L’appât du gain

Selon des témoins, dame Seiba Soropogui n’est pas à sa première expérience. Car poursuivent nos informateurs, elle s’approvisionne vers la République du Mali par le biais de ses complices du côté de Kankan en Haute Guinée afin d’alimenter les marchés nationaux et sous régionaux, notamment ceux du Libéria, de la Côte d’Ivoire et de la Sierra Léone.

Une telle activité illégale est punie par l’article 164 du code Faune : « Quiconque détiendra des animaux sauvages sans autorisation, quiconque fera circuler les dépouilles et trophées d’animaux sauvages sans certificat d’origine sera puni d’un emprisonnement de trois à six mois et d’une amande de 40.000 à 90.000 GNF ou de l’une de ces peines ».

D’après les déclarations de la dame, c’est depuis 2010 qu’elle évolue dans cette activité illégale. Tout de même, elle a reconnu les charges mises à son encontre et demande la clémence des autorités. Placée sous contrôle judiciaire, elle attend dans les jours à venir son jugement. Les produits saisis ont été mis sous scellé par des autorités de l’environnement et confiés au greffe de la justice de paix de Macenta.

Cette opération a été rendue possible grâce à la franche collaboration des autorités administratives, sécuritaires et judiciaires de la préfecture. Toutefois, un fait ironique attire l’attention de tout passant dans cette préfecture située au sud de la Guinée. Celui de voir la maison d’arrêt transformée en un centre commercial très fréquenté. L’on se demande que fait le département de la Justice pour la rénovation des infrastructures pénitentiaires du pays. ?

Par ailleurs, tous les yeux des défenseurs de l’environnement d’une part et de l’autre, la communauté internationale sont river vers la justice de paix de Macenta qui avait sur le cas du braconnage d’éléphant, montré toutes ses limites. Il a fallu l’implication du ministre de la Justice pour que le condamné Pokpa Soropogui soit transféré à Kindia vu le manque notoire de la prison civile dans cette préfecture.

Il faut rappeler que le trafic d’espèces est un commerce transnational. Il représente le 5ème crime mondial amassant plus de 20 millions de dollars chaque année.

Affaire à suivre…..

Fatou Kourouma

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