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Manifestations politiques de 2015 : A quand la fin de la souffrance des victimes de pillages? (Déclaration)


Les victimes de pillages et de destructions pendant les événements pré- électoraux de 2015 attirent de nouveau les autorités guinéennes face à leur malheureuse situation. C’est à l’occasion de l’an un de leur anniversaire qui a lieu ce lundi 10 octobre, que ces victimes ont rendu publique une déclaration dont nous détenons copie.

Voici l’intégralité
!!!

‘’L’Association des Victimes des Pillages et Destructions au cours des Evènements pré-électoraux de 2015, anniversaire de l’an 1 des pillages et destruction des marchandises le 9 octobre 2015, le 9 octobre 2016, voilà un an que nous avons été victimes de pillages et de destruction de nos marchandise dans les marchés des communes de Matam et de Matoto, Conakry.

En effet, c’est avec un cœur meurtri et rempli de douleur que nous nous exprimons aujourd’hui à l’occasion de l’an un des tristes évènements qui ont entrainé le pillage et la destruction de nos marchandises.

En effet, nous sommes des commerçants, importateurs et exportateurs installés dans les marchés de Madina, Matoto, Kissosso et ENTAG, sis dans les communes de Matam et de Mattoto. A ce titre, nous payons régulièrement les taxes et impôts revenants aux communes, dans lesquelles nous exerçons légalement notre commerce.

Aussi, à l’importation, nous nous acquittons des droits et taxes revenant aux services des douanes et impôts, relevant de secrétariat d’Etat au budget. Nous exerçons notre activité depuis plusieurs années.

En contre partie du paiement des droits et taxes dus à l’Etat, nous pensons, sans risque de nous tromper que celui-ci a l’obligation à travers ses démembrements, c’est-à dire les communes et gouvernorats, de nous assurer une totale et parfaite sécurité.

En d’autres termes, la sécurité des commerçants et de leurs biens incombe à l’Etat Guinéen.
Cette sécurité due aux commerçants et à leur bien est une mission régalienne de l’Etat

Toute défaillance dans l’accomplissement de cette mission, entraine de facto, la responsabilité de l’Etat, représenté par l’agence judiciaire de l’Etat et l’expose à réparation conformément aux articles 23 de notre constitution, 1,29 al 14-25,280 du code des collectivités locales, 1097 et 1099 du code civil.

Contre toute attente, pendant les campagnes présidentielles de 2015, précisément les 8 et 9 octobre 2015, nos boutiques, magasins et kiosques commerciaux, sis dans les communes de Matam et de Matoto, relevant du gouvernorat de la ville de Conakry, ont été systématiquement vandalisés, pillés, certains calcinés, et pire, totalement vidés de leur contenu.

Curieusement, au cours de ces folles journées, nous n’avons bénéficié d’aucune sécurité, ni de protection de la part des forces de sécurité pour empêcher les pillages et destruction de nos marchandises.

Désespérés et sans défense, nous avons assisté à des actes de vandalisme d’un autre âge de la part des loubards et de certains agents de la sécurité que nous n’avons pas pu malheureusement identifier dans le feu de l’action.

Le spectacle était ahurissant et désolant. Le constat est alarmant. Cette situation a entrainé 404 victimes, qui ont à nos jours, tout perdu. Les 404 victimes que nous sommes, avons vu nos économies de plus de 20 ans de souffrances, s’envoler en deux jours dans les fumées et dans les mains des hors la loi.
Aujourd’hui, nous n’avons plus rien, sauf nos yeux pour pleurer. Faute de moyens, nos familles se sont dispersées, nos épouses sont parties, nos enfants sont renvoyés de l’école. Les pertes subies sont énormes et ont été constatées par voie d’huissiers de justice.
Il y a 404 victimes, total des pertes enregistrées 144.738.718.894gnf. Les communes de Matoto, Matam et le gouvernorat de la ville de Conakry, qui ne sont autres que les démembrements de l’Etat sont tenus à réparation.

D’où, l’objectif de notre action judiciaire en responsabilité civile et en paiement introduite depuis le 19 décembre 2015 par devant le tribunal de première instance de Conakry 3 contre les communes de Matam et Matoto, qui ne sont autres que des démembrements de l’Etat.

Notre noble et juste cause est défendue par Me Salifou Béavogui, avocat à la cour, Conakry. Mais vu que la procédure judiciaire traine et d’une lenteur inexplicable et en raison de l’an 1 des tristes évènements dont nous sommes victimes, nous avons jugé utile de tenir le présent point de presse pour attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale, les organisations de défense des droits de l’homme, les personnes de bonne volonté sur notre malheureuse situation.

Sur le plan juridique et judiciaire, nous saisissons l’an 1 des douloureux évènements pour solliciter que conformément à l’article 9 de notre constitution que justice soit rendue dans un délai raisonnable afin que nous soyons rapidement rétablis dans nos droits.

Rendu à la rédaction par Camara Ibrahima Sory

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