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Migration clandestine: Un jeune rapatrié raconte son calvaire


Issiaga Barry, un jeune guinéen âgé de 19 ans, est rapatrié de l’Algérie en partance pour la France. Devant une auguste assemblée, le jeune homme est revenu sur sa mésaventure qu’il déconseille à tous ses amis qui désirent emprunter le chemin de l’Europe si ce n’est que par la voie légale. Lisez…

« Je me nomme, Issiaga Barry. J’ai 19 ans. Je fais la 10ème année dans un group scolaire à Keïtayah, dans la préfecture de Dubréka. Au fait, pendant mon séjour en Algérie, puis au Maroc, ce que j’ai vécu était très difficile. Vous savez notre papa nous a laissés ici avec la maman, lui, il est parti en Europe. Moi, j’étais petit et je ne le connaissais même pas. Il est resté, il ne nous appelle même pas au téléphone. C’est ma maman qui m’a expliqué tout ça avant de mourir. Donc moi aussi, j’ai décidé de partir en Europe pour venir au secours de mes parents, comme certains le font, puisque ma maman est décédée.

Donc, j’ai quitté ici avec une somme de 5 millions de francs guinéens pour aller en Algérie. D’abord j’ai quitté à Conakry le mois de mars 2016 pour aller au Mali. Arrivé là-bas, j’ai rencontré les gents qui m’ont proposé de payer 90 mille FCFA pour me conduire jusqu’en Europe. Or, c’était des faux. Quand ils te prennent, ils t’envoient à GAO et ils te laissent là-bas. Donc j’ai payé cette somme et ils m’ont envoyé à GAO. Arrivé là-bas, j’ai passé d’abord 3 jours de souffrances avec les militaires qui m’ont retiré aussi de l’argent et ils m’ont frappé, avant de nous mettre dans un véhicule de Soua. On est passé par le Niger, puis le Burkina Faso. Arrivé au Burkina, ceux qui sont là aussi nous ont frappés et ils nous ont branché le courant électrique si on ne leur donne pas tout ce qu’on avait sur nous. Ainsi, ils ont retiré tous nos biens, même un franc ils n’ont pas laissé. C’est comme ça qu’on s’est débrouillé pour aller en Algérie.

Ma destination était de partir en Libye. Mais finalement, je l’ai changé, par ce qu’arrivé au Burkina déjà, nous avons rencontré certains amis qui nous ont expliqué que beaucoup meurent sur le désert j’ai changé d’avis. En Algérie, l’accès est très difficile, par ce que les algériens ont mit des fauchés de 7 mètres de profondeurs où ils ont mis des agents qui sont très méchants. Quand on te voit seulement descendre dans ce fauché, on prend le caillou pour te lapider. Et c’est là que mon pied a été cassé. Et beaucoup de nos amis ont trouvé la mort dans ce fauché.

Les Marocains aussi utilisent des grillages pour ne pas que les gens passent. Mais malgré cela, il y a une question de nourriture. On mangeait dans les poubelles. Le matin, on vient à côté des poubelles. Quand ils jettent des ordures, nous aussi on fouille et on mange ce qu’on trouve là dans. Les filles qui étaient avec nous se vendaient pour avoir de quoi amanger.

Je dirais à tout le monde de ne pas aller dans ces pays, si ce n’est pas par la bonne voie. Car il ya mille voies pour trouver la mort dans ces pays. Et la traversée pour aller en Europe est très difficile. Donc je conseille à tous les jeunes qui veulent aller en aventure de rester en Guinée. En Algérie, il y a une ville où il est interdit aux taxis maitres de ne pas prendre les noirs ».

Par Camara Ibrahima Sory pour kibarounews.com

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