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Mort d’une fillette de 6 ans à Wanindara : les précisions de l’ONG ‘’Child's Friends Guinea’’ une semaine après le drame


Le 2 octobre dernier, au quartier Wanindara, dans la commune de Ratoma, Conakry, une fillette de six ans a été retrouvée morte dans un véhicule, stationné dans un garage non loin du domicile de l’enfant. Depuis, trois suspects ont été arrêtés et mis à la disposition des forces de l’ordre en attendant le reste de l’enquête. A cet effet, le président de l’ONG en charge du dossier, Adonis Kondiano, s’est exprimé dans une interview, ce dimanche 9 octobre, pour parler de l’évolution de la procédure d’enquête en cours.
Lisez…
Présentez-vous ?
Je suis Kondiano Adonis Pion, Président fondateur de l’ONG ‘’Child's Friends Guinea’’.
Comment êtes-vous entré en contact avec ce dossier ?
D’abord, nous avions eu le cœur très meurtri d’apprendre la nouvelle par rapport à la mort d’une fillette de six au quartier Wanindara . La fille a disparu depuis le dimanche dernier. Après sa disparition, sa famille s’est mise pour la retrouver. Mais très malheureusement, avec toutes ces démarches entreprises sont restées vaines. C’est le jeudi, qu’elle a été retrouvée morte aux environs de 18 heures. Le corps complètement mutilé dans une voiture non loin de leur maison. Alors, informé de la situation, nous, étant une ONG de protection des enfants, on a déployé tous nos maigres moyens à leur disposition. Alors on s’est rendu sur le terrain pour s’enquérir des réalités. Arrivé, c’est la pitié et la consternation qui se lisaient sur les visages. Et on a pris langue avec la famille. Déjà la gendarmerie et le CMIS de Anco5 ce sont rendus sur les lieux pour déjà faire les premières enquêtes. Au moment où je vous parle le propriétaire de la voiture et le gardien du parc sont sous les verrouilles.
Comment le corps a-t-il été identifié dans la voiture ?
Au moment où le propriétaire de la maison rentrait de son boulot, le temps pour lui de faire ses ablutions, il aspiré une odeur nauséabonde. Il a regardé dans tout l’alentour, il n’arrivait vraiment pas à comprendre de quoi il s’agissait. Alors dans l’euphorie, il est ressorti au dehors. Il trouve le propriétaire de la voiture et le gardien d’automobile qui se parlaient entre eux. Après il leur a dit d’ouvrir la voiture pour savoir qu’est-ce qui était dans cette voiture. Alors quand ils ont ouvert la voiture, c’est le corps de la fille Houraye Barry qu’on a retrouvé. Elle est âgée de six ans. Son papa s’appelle Yaya Barry et sa maman Aïssatou Barry, habitant tous au quartier Wanidara . Donc arrivé, nous aussi, on a procédé à la même situation. On a attiré l’attention des medias et des décideurs par rapport aux cas. Parce que là nous savons que les cas de meurtre et les enlèvements sont les violences et exaction contre les enfants, qui sont devenus aujourd’hui une monnaie courante dans notre pays. On en parle toujours, on dénonce, mais ce sont des pratiques qui tardent toujours à être bannies dans notre pays. Donc jusqu’au jour où je vous parle, le propriétaire de la voiture, le gardien et certains suspects dans ce crime crapulé sont déjà sous les verrouille en attendant que la justice soit rendue dans cette affaire.
Etes-vous confiants que la justice jouera bel et bien son rôle dans cette affaire?
Vous savez, nous portons confidence à notre justice. Parce que nous, on n’a pas le droit de sanctionner. Tout ce qu’on peut, c’est de dénoncer et attirer l’attention des décideurs face aux exactions que subissent aujourd’hui les enfants. C’est ce qu’on a fait aussi cette fois-ci. Déjà, nous sommes en train de collaborer avec le CMIS d’Enta et éventuellement la gendarmerie pour voir dans quelle situation, il faut vraiment trouver la vérité dans cette affaire. Nous sommes d’arrache-pied avec eux pour voir vraiment les commanditaires de cet acte. Nous en tant qu’une ONG de protection des enfants on aime toujours à le dire. Aujourd’hui c’est très marrant de voir un enfant tué ou violenté. Et parfois les gens trainent le pas dans la situation.
Dans quelle émotion avez-vous rencontré la famille de l’enfant ?
La maman était dans un état comateux. Elle n’arrivait vraiment pas à se retrouver. Et le papa, lui, n’a pas pu communiquer. Toute la famille était sous le choc. Tout de même nous partageons la même peine avec la famille. Puisque nous étant les amis des enfants une ONG de protection des enfants, on ne peut vraiment que s’indigner et dénoncer cette mauvaise attitude. Ce que je peux aussi dénoncer dans la situation c’est un peu la lenteur, c'est-à-dire prendre la situation à bras le corps. Le vendredi on était sur les lieux jusqu’à 14 heures, aucun médecin légiste n’était venu sur les lieux. Et le corps de l’enfant était dans un état de décomposition.
Qu’est-ce que vous déplorez encore dans cette affaire ?
Ce que je déplore, c’est qu’il n’y avait pas la présence de l’Etat. Dans ces cas de figure, il faut que l’Etat se bouge et prendre toutes les précautions pour endiguer ce phénomène qui prendre aujourd’hui une proportion inquiétante dans notre pays. On a essayé de faire les communications déjà dans les medias pour attirer même l’attention du président de la république qui est le premier garant de nos droits afin qu’il puisse avoir une oreille attentive à la situation des enfants. Trop c’est trop. Nous, on ne voudrait plus que les enfants soient violentés dans ce pays. Pour ces cas présents, nous sommes en train de mener les enquêtes et les jours à venir l’on pourra vous donner encore d’autres éléments de preuve.
Quel appel faites-vous donc aux parents encore non victimes?
Je le dis et je le réitère encore, l’enfant qui vit dans la famille ou qui vit dans la rue est un enfant. Il a besoin d’une protection. Alors nous devons tous les protéger. Nous demandons tout de même aux parents à une vigilance sur la situation des enfants. Parce que mettre un enfant au monde est une très bonne chose, mais l’éduquer est une exaltante mission. Il faudrait que les parents aient tout le temps de suivre leur enfant, de prendre la situation de leur enfant, ne pas seulement les suivre.
Votre mot de la fin ?

Au fait, je dirais aux autorités aussi de prendre cette situation au bras le corps. A toute la Guinée d’ailleurs. Il faudrait qu’on essaie de briser le silence. Il faudrait communiquer sur ces cas. Et toutes les fois que les gens se rendraient compte d’une telle situation, nous sommes fiers. C’est pourquoi notre vocation, c’est de protéger, soutenir et défendre toutes les actions en faveur des enfants. C’est ça notre credo.
Merci Monsieur !
Je vous remercie !
Entretien réalisé par Younoussa Sylla

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