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Santé maternelle : la campagne de lutte contre les fistules obstétricales lancée ce mercredi à Conakry


Malgré les efforts consentis par l'Eta guinéen, avec le soutien des partenaires techniques et financiers, la mortalité maternelle reste encore élevée. Environ 980 sur 100.000 naissances vivent cette maladie chez nous, selon les spécialistes de la santé.

Dans le cadre de la lutte, le ministère de l’action sociale a lancé une campagne d'information et de sensibilisation sur la prévention des fistules obstétricales, ce mercredi 19 octobre 2016 à Conakry. Une campagne qui vise à sensibiliser dans quatre préfectures de l’intérieur, notamment Faranah, Forécariah, Boké et Mandiana, où le taux reste élevé.

Dans son discours d'ouverture, Madame Sanaba Kaba a suggéré que depuis l’an 2000 ‘’le gouvernement guinéen est entrain de faire la guérison et la prise en charge de psycho-sociale et économique, mais jamais penser à la prévention de cette maladie. Donc cette année, le ministère a soumis un projet de prévention, par ce que nous allons vers une meilleure protection que vers un meilleur traitement. Si on est prévenu, on ne peut pas avoir cette maladie ni le traitement, raison pour laquelle au lieu d'investir de l'argent dans le traitement, mieux vaut investir dans la sensibilisation, expliquer des conséquences de la maladie aux femmes surtout les voies et les moyens qui favorisent l'obtention de cette maladie’’.

Pour le Professeur Grassi, chirurgien- urologue, la mortalité maternelle représente un problème de la santé publique de 1er ordre dans les pays en développement. ‘’On estime qu'à chaque minute, une femme meure des suites de complication de la grossesse ou de l'accouchement’’. A cette mortalité, vient se greffier le problème de fistules obstétricales qui est l'une des complications les plus redoutables d'un accouchement mal géré. ‘’Elle se manifeste par une perte involontaire d'urines et/ou de manières fécales par la voie génitale engendrant une souffrance physique, morale, psychologique et sociale. Elle se reconnait par l'émission involontaire d'urines de manières fécales par le vagin, accompagnées d'une mauvaise odeur ».

Pr Grassi a aussi cité certains éléments susceptibles à la base de cette maladie, tels que les mariages précoces, les grossesses non désirées, le manque d’éducation, les mutilations génitales féminines, le manque de service de santé capable de délivrer des soins obstétricaux d'urgence adéquats, l’accès limité aux structures de santé. Et le danger qu’elle représente pour la santé, car ‘’elle provoque la perte chronique d'urines de manières fécales, perte d'emploi; mauvaise odeur; rejet et stigmatisation, dépression, rupture avec la vie familiale, divorce et exclusion sociale, honte et perte de bébé dans la plupart des cas, infections opportunistes.

A rappeler qu’en Guinée, la statistique actuelle de la maladie est de 971 cas recensés, 660 cas opérés et 700 cas de guéris, soit un taux de 87%.

Camara Ibrahima Sory

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