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Trafic de chimpanzé à Boké:Le tribunal serait-il dans l’élan d’encourager la criminalité faunique dans cette région ?


Le tribunal statuant publiquement et contradictoirement en matière correctionnel en premier ressort le mardi 17 janvier 2017 à l’égard de Seny Camara, Youssouf Camara, Mounir Conté et par défaut à l’égard d’El hadj Diassy Camara,tous poursuivis il y de cela un an pour trafic de bébé chimpanzé, espèce animale intégralement protégée par la loi nationale et la Convention de Washington, le tribunal de première instance (TPI) de Boké a clos les débats sur cette affaire. Les prévenus ont été sommés de payer solidairement une somme de deux millions à titre de dommages et intérêts au Ministère de l’Environnement.

Après un an de battage judiciaire par le Ministère de l’Environnement et GALF( Guinée Application de la Loi Faunique) pour obtenir une peine dissuasive auprès du tribunal de première instance(TPI) de Boké sur un dossier de géants trafiquants d’espèces animales intégralement protégées, la sentence telle annoncée, laisse à désirer. Car, l’on se souvient que l’arrestation des trois trafiquants en novembre 2015 en possession d’un bébé chimpanzé qui devrait être commercialisé aux acheteurs chinois de la place, avait attiré l’attention de tous les acteurs nationaux et internationaux impliqués dans la préservation de la vie des grands singes. A signaler que l’auteur principal de la capture de l’animal en l’occurrence El hadj Diassy est toujours en cavale.

Selon un activiste de GALF, l’affaire a été biaisée dès le début par le Parquet du TPI de Boké se montrant plus humaniste par rapport à son obligation légaliste en matière d’application de la loi. Car, épingle-t-il, le TPI de Boké a passé plus d’un an dans l’incapacité de faire comparaitre les auteurs de ce crime faunique, notamment le fugitif El hadj Diassy citoyen d’une bourgade de la région de Boké et Alseny Camara, pendant que Mounir Conté , complice dans cette affaire était détenu à la maison d’arrêt de Boké . Aux dires de cet activiste, cette violation flagrante des droits humains est une atteinte grave à la déontologie du métier d’homme de robe noir.<

Dans son intervention lors du procès tenu en décembre 2016, le Ministère Publique a continué à amuser la galerie comme il en a l’habitude depuis l’ouverture de cette audience feignant de taper fort dans sa réquisition. En réponse du berger à la bergère, le juge audiencier renvoi le procès au 17 janvier 2017 pour délibéré, après un an de combat afin d’obtenir une satisfaction allant dans le sens d’infliger les peines dissuasives.

Dans son délibéré de ce mardi 17 janvier 2017, le juge audiencier a rendu son verdict comme suit :El hadj Diassy Camara coupable du délit de capture, détention d’animal sauvage intégralement protégé. Pour la répression, le condamne à un an de prison ferme par défaut et 150.000 GNF d’amende. En ce qui concerne le cas des mis en cause Alseny Camara, Youssouf Camara et Mounir Conté, 6 mois de prison assortis de sursis et 50.000 GNF d’amende chacun. Pour le condamné par défaut, le tribunal décerne un mandat d’arrêt contre El hadj Diassy. Les quatre sont solidairement sommés de payer un montant de deux millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts à l’Etat Guinéen, représenté par l’agent judiciaire de l’Etat.

A rappeler que les sieurs Alseny Camara, Youssouf Camara, Mounir Conté et le fugitif El hadj Diassy Camara avaient été appréhendés en novembre 2015 en possession d’un bébé chimpanzé destiné à être commercialisé à 2.000.000 GNf. L’opération d’arrestation a été rendue possible grâce au BCN d’Interpol, les agents de la sécurité de Boké avec l’assistance de GALF (Guinée Application de la Loi Faunique). Le pauvre chimpanzé a été recueilli et conduit au CCC (Centre de Conservation des Chimpanzés) à Faranah, en Haute Guinée.

A en croire certains observateurs du milieu environnemental, cette décision ne semble pas être si forte pour dissuader les trafiquants tirant profit de cette activité illicite. L’on serait tenté de se demander si le TPI de Boké n’est pas en train d’encourager le trafic faunique dans la région ?

Il faut rappeler que le trafic d’espèces est un crime organisé transnational. Il représente le 5ème commerce illégal le plus important au monde amassant de plus 20 milliards de dollars chaque année.


Ibrahima Sory Camara

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