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UGANC : « J’invite les étudiants de Gamal à prendre les études au sérieux. C’est le travail qui paie », conseille, Dr Doussou Lancinè Traoré, Recteur


L’Université Gamal Abdel Nasser de Conbakry est dirigée par un éminent cadre guinéen, un Ingénieur Génie Civil qui a fait son retour au pays en 1990 après ses études supérieures et post-universitaires à Moscou (Russie). Ce Recteur, Dr. Doussou Lancinè TRAORE, nous a reçus cette semaine dans ses locaux pour évoquer avec lui la situation socioéducative de son université, les avantages et les difficultés quotidiennes. Lisez…

Kibarou : Bonjour Monsieur le Recteur !

Recteur : Bonjour !

Dites-nous comment se porte l’Université Gamal ?

Notre université se porte très bien. A l’instar des autres années, nous avons deux groupes pédagogiques. Le premier groupe est constitué des facultés de sciences et d’un centre informatique qui viennent par exemple les lundis matin. Et le deuxième groupe, composé de l’institut polytechnique, vient le soir. Alors ceux qui viennent lundi matin, le lendemain, ils viennent le soir. Et le surlendemain, ils viennent le matin. Donc ça permet d’occuper les six jours de la semaine et sans interruption. Ça c’est la première disposition. La deuxième composition, en prélude à la rentrée universitaire 2016-2017, nous avons tenu un conseil d’université pour définir l’année universitaire. L’année universitaire a commencé le 17 et prend fin le 30 juin 2017. Et nous avons divisé l’année en deux semestres. Un premier semestre qui commence de l’ouverture jusqu’au 23 février 2017 et le deuxième semestre qui commence du 24 février au 30 juin 2017.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées pour la mise en place de votre plan annuel ?

Pratiquement, nous n’avons pas de difficultés majeures. Parce qu’on a procédé de cette façon pour que les infrastructures répondent à la pléthore d’étudiants. Donc avec cette nouvelle méthode, les cours sont tenus sans perturbation et ça ne pose pas de problème majeur.

Le ministre de l’enseignement supérieur a recemment annoncé la rénovation de plusieurs universités en Guinée parmi lesquelles il n'a certainement pas cité la vôtre. Quelle réaction faites-vous ?

Gamal figure bel et bien dans le projet. Ce que le ministre a dit c’est la construction d’université dans les régions. Et la rénovation des infrastructures de Gamal. Pour le moment, la rénovation n’a pas commencé. Mais, l’extension des infrastructures a commencé déjà. Le bloc administratif est en voie de construction. Une fois que ce bloc sera terminé, toute l’administration de l’université va déménager dans ce bloc. Et les autres vont être transformés certainement en amphithéâtre, en salles de classe etc. Donc Gamal figure bel et bien dans le projet du ministère, pas en construction mais en rénovation et en extension. Les autres, c’est des nouvelles constrictions.

Cette année, les étudiants n’ont pas été orientés en faculté de médecine, quelle réaction faites-vous par rapport à cette décision?

Ce que le ministre a dit, c’est la réalité. Vous savez en médecine, c’est une formation pointue et qui ne dépend pas seulement de formation théorique, mais qui doit être accompagnée de formation pratique. Actuellement, les effectifs dans nos départements de médecine, pharmacie et Odonto, sont tels que leur percement pour les travaux pratiques devient très difficile compte tenu de leur nombre. Et nous ne disposons que de deux grands hôpitaux universitaires dans le pays, plus les hôpitaux régionaux et d’autres cliniques. Donc pour remédier à cela, nous avons décidé de limiter d’abord l’accès à cette faculté, le temps pour nous de mettre en place tout ce qu’il faut pour une formation souhaitée. C’est-à-dire, mettre les laboratoires en place et contrôler même l’accès à cette faculté. C’est pourquoi cette année, il n’y a pas eu d’orientation en faculté de médecine.

Quels pourraient être les impacts positifs ou négatifs de la décision du ministre ?

Puisque toute décision peut avoir des impacts, sinon les impacts négatifs peuvent être minimes par rapport à l’avantage que nous allons gagner de ça dans les années à venir. L’essentiel, c’est de mettre à profit ce temps pour équiper cette faculté pour que vraiment la formation soit complète. Pas seulement théorique mais accompagnée de pratique. Je crois que c’est à l’avantage de nous tous. Non seulement des étudiants, mais de la population. Cette population qui doit être soignée par ces étudiants formés. S’ils ne sont pas bien formés, c’est de la catastrophe. On ne le souhaite pas.

Vu le nombre d’étudiants orientés cette année à votre université, comment avez-vous reçu tout ce monde ?

Nous les avons bien reçus. On a commencé les cours dès après la proclamation des résultats. Ce qui n’a pas commencé encore, c’est leur inscription. Vous savez à Gamal, on a une plateforme d’inscription des étudiants en ligne. Donc il ya quelques informations qui manquaient à leur niveau pour leur permettre de les inscrire en ligne. Je crois que l’inscription de première année a déjà commencé. Quand même, les cours ont commencé dans tous les départements avec les premières années. Nous avons en tout, 2017 étudiants orientés cette année à Gamal.

Quels sont donc vos conseils à l’endroit de ceux-ci et à tous les enseignants de Gamal ?

D’abord, c’est à l’intention des étudiants qui viennent pour la première fois à l’université. C’est pour les inviter à prendre les études au sérieux. C’est le travail qui paie. Bien que le problème d’emploi soit tout un problème dans ce pays, mais tous ceux qui ont reçu une bonne formation se tirent toujours d’affaire. Donc le premier conseil, c’est de leur dire de suivre correctement les cours. Le deuxième appel, c’est de maintenir un climat de quiétude sur le campus. Rien ne peut se faire, s’il n’y a pas de paix. Je les invite aussi à aller à la bibliothèque pour se former. Notre bibliothèque est suffisamment garnie. Vous savez, à part la faculté de médecine, les autres facultés sont dans le système LMD. Et ce monde de formation demande beaucoup de l’étudiant. Le professeur vient donner les grandes lignes, mais pour approfondir les connaissances, c’est l’étudiant même qui doit le faire à travers la lecture. Donc c’est cet appel que j’ai à leur lancer pour que l’année universitaire se passe dans la paix

Votre mot de la fin?

Mes remerciements vont d’abord à vous qui faites que les populations soient informées sur les réalités de notre université. Ensuite, lancer un appel aux étudiants et l’encadrement, et surtout leur souhaiter une bonne année universitaire 2016-2017. Que l’année universitaire soit pour nous une année de paix, de quiétude et une année réussie à l’instar des autres années.

Merci Monsieur !

C’est moi qui vous remercie !

Entretien réalisé par Younoussa Sylla, pour kibarounews.com

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